Proping Fernelmont

Les histoires de Papoum

Le tennis de table mène à bien plus qu'on ne pense. 
Avant de vous présenter ses conseils qui seront parfois un peu difficiles à digérer pour certains Papoum vous présente ceci comme apéritif.

 

 

MA LONGUE VIE DE PONGISTE.

Ce fut un jour de juin 1952 et je m’en souviens encore. C’est avec une brosse à poils longs, un pot de couleur verte que mes multiples activités de pongiste avaient commencé après que Théophile, mon père, avait bricolé une table rudimentaire aux mesures officielles. Cette table de pingpong pourtant ne m’était même pas destinée, mais était à cette heure-là une nouvelle attraction pour les nageurs et les bronzés sur le bord de sa piscine Olympia que dans notre village  il avait petit à petit construit dès 1940 avec ses moyens personnels. Dès que la peinture verte fut sèche, et que les palettes et les balles achetés chez Van Schelle Sports de la Galerie St-Hubert  à Bruxelles furent sur place,  je me suis mis à exercer le noble art  de Victor Barna et de Fred Perry. D’abord  c’était avec maladresse et ensuite de façon satisfaisante. Car déjà  à la sortie de ma tendre enfance, comme je serais d’ailleurs tout au long de ma vie dans beaucoup de ce que faisais, j’étais bon en tout mais excellent en rien.  Deux ans plus tard, en colonie de vacances du côté d’Ostende,  un peu de gloire sportive fut la mienne , car sur mes pieds nus dans une orangerie surchauffée  je parvenais à remporter déjà , face aux autres garçons et filles, le tournoi de l’été . Ni coupe ni médaille mais seulement un bon Zip en chocolat m’avait été remis comme premier prix.

Janvier 2000.  Bénéficiaire d’une retraite anticipée, durant 89 jours, je pédalais à travers le Vietnam.. En solitaire à bicyclette  suivant la route des mandarins, j’allais à la rencontre des paysages et des gens. Le pingpong m’a permis plusieurs fois d’y établir un bon contact avec les jeunes comme avec les vieux. A Hanoï je m’étais procuré une palette de style porte-plume ainsi qu’une vingtaine de nouvelles balles jaunes 40, plus grosses que celles partout  en circulation jusqu’alors. A NhaTrang, autrefois appelé le Nice de l’Indochine,  je prenais quelque repos. Cela m’a donné le temps de découvrir une salle équipée de 6 tables dans un centre culturel et sportif, où j’ai fait la rencontre de fonctionnaires pensionnés dont certains s’exprimaient encore en français. Ces sportifs vétérans étaient très heureux de pouvoir parler avec moi , et je leur expliquais que j’étais citoyen du lointain pays des belges où comme au Vietnam des guerres avaient eu lieu tout au long de l’histoire. Sans paroles mais avec leur sourire d’autres venaient en me demandant de prendre place à la table de pingpong. Débutant dans un double-mixte, je montrais que j’étais un  joueur de valeur, un défenseur capable retourner sans faute cinquante fois la balle. Ces quelques heures étalées sur deux journées furent sublimes, grandioses, inoubliables. J’ai salué toutes ces personnes avant les sets et après les sets, et les mains, les félicitations, la tape sur l’épaule et l’incroyable diversité des sourires, je ne les oublierai plus jamais. Le thé vert était gratuit et y était servi à volonté. C’est après ce magnifique sommet que j’avais pris la décision de ranger définitivement ma palette et quelque temps après j’ai aussi détruit beaucoup de papiers et souvenirs de mes anciennes activités dans le tennis de table, ma très vieille passion. 

Reviendrai je encore un jour, malgré mes divers handicaps physiques ?

Déjà plusieurs fois grand-père, j’espère de pouvoir faire un ultime retour aux tables en compagnie de mes petits enfants, et  peut-être d’avoir la possibilité de taquiner encore la petite balle jusqu’en  ‘vétérans 80+ ‘. Entretemps je visite régulièrement sur internet  les sites qui m’informent sur ce sport qui a rempli une part de ma vie  et bien plus qu’avant les noms et les visages des grands joueurs et joueuses me sont devenus familiers.  

C’est le 1 juillet 2009 qu’au PP Fernelmont est arrivé un dinosaure flamand au nom de Papoum. C’est un bon petit qui joue maintenant avec l’équipe D et qui évite de se faire mal à la table car il pourrait tomber en miettes ou glisser dans ses propres gouttes de transpiration.

 


 

 

Conte de Noël dans un pays où il n’y a ni neige ni sapins et où le Père Noël ne venait plus.

Zimbabwe

La route, longue jusqu’à l’infini, montait lentement. Le soleil du Kalahari frappait fort et tous les bidons des cyclistes étaient vides.  Les deux premiers arrivèrent à hauteur d’un hangar dans lequel il y avait une buvette où l’on pouvait obtenir du thé, du pepsi cola  et de la tchibuku. Mais une telle transaction pourtant simple se réalisa mal. Comme conséquence de cela on trouve quatre minutes plus tard  d’un côté deux belges assoiffés  et de l’autre côté neuf zimbabwéens frustrés , et au milieu une femme noire belle comme une gazelle. Mais voilà que cinq autres cyclistes sur leurs vélos  lourds et chargés comme des Sherman tanks arrivent.  Le dernier de ces pédaleurs est un grand barbu souriant. Sur son porte bagage au bout d’une perche en plastique il y a un fanion rouge triangulaire. Il crie   ‘  tournée générale de pepsi cola et de tchibuku ‘  et comme par miracle il n’y a plus de froid dans ce hangar mais  il y fait à nouveau quarante degrés partout.

Prés de là,  il y a une école secondaire d’agriculture , et c’est juste l’heure de la sortie. Bientôt deux, sept, quatorze, trente, … élèves arrivent  dans l’espoir d’avoir également une boisson gratuite,  mais la gazelle prend une grande brosse et les chasse.  Les autres jours ces jeunes peuvent y jouer aux dames et à quatre sur une rangée, en attendant le départ de leur autobus. Ils n’ont pas un seul centime pour se payer une consommation  vu que l’on est dans un des pays les plus pauvres du monde, mais aussi dans un des pays les plus beaux à cause des animaux sauvages.

Un grand mur, une surface verticale soutient  le bâtiment dans lequel nous sommes.A la surprise générale , le grand barbu hors des ses bagages  va chercher une collection de balles de pingpong.  Dix balles de pingpong qui pèsent même pas ensemble trente grammes et qui n’augmentaient donc nullement le poids de sa monture.  Des petites balles blanches qui partout sur notre planète peuvent faire la joie des petits et des grands, et construire beaucoup d’amitié.  En  plus , il sort d’un de ses sacs  une vieille palette .  Contre le mur il commence la démonstration de son adresse en faisant voyager dans l’espace plus de vingt fois la balle entre le mur et sa palette sans  toucher la terre.  Puis à haute voix  il crie   ‘ Who can realise this  like me   ? ‘   Plenty of  Pepsi cola  only  for  him   !   ….

D’abord un peu timides, et ensuite trop enthousiastes  les jeunes essaient, mais aucun n’y parvient .  Mais quelqu’un est allé chercher un autre petit noir, qui  fait penser à un chimpanzé vu son dos courbé et ses longs bras.  Il porte un jeans trop grand et  des basquets énormes .  On entend murmurer ….   ‘ he shall do it, he is the king of our soccer team  …. ‘  . Et en effet,  ce nouveau-venu  réalise ce qui était impossible pour tous les autres.  

 Après l’exploit  le barbu souriant  emmène le lauréat  à la buvette . Jusqu’à la fin du mois le garçon pourra y boire gratis tous les jours son pepsi cola. Un accord devant témoins est ainsi pris avec la gazelle .  Les zimdollars nécessaires pour tout régler sont remis à cette dernière ainsi qu’un  supplément pour elle. Toutes les balles de pingpong et la palette resteront là  afin que les jeunes  puissent s’y entraîner contre le mur. Depuis, sur la route de Bulawayo , on parle encore toujours du passage du père Noël pongiste à bicyclette tandis que la gazelle rêve qu’il reviendra un jour rien que pour elle.     PAPOUM

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